A Saint-Bonnet, journée de liesse pour la famille Burtaud. La fille cadette Virginie et son mari Bernard pendent la crémaillère.

   "Le jeune couple avait acquis cette propriété sur un coup de coeur deux mois plus tôt, fin janvier. Avec l'accord de son mari, Virginie avait proposé à ses parents de leur acheter cette maison où habitait seule la grand-mère Marthe. Une occasion rêvée pour cette mamie de quatre-vingt-cinq ans, dos voûté et cheveux blancs, de demeurer encore chez elle malgré le handicap d'une santé précaire, et d'éviter ainsi le déménagement en EHPAD initialement prévu..."

   Mais cette journée est rapidement ternie par la jalousie maladive de Colette, la soeur aînée de Virginie :

   "Tu vas pouvoir t'habituer à vivre seule dans ce trou perdu ? avait-elle lâché à Virginie avec un brin de dédain.

   - Et pourquoi pas ? Entre deux déplacements, Bernard sera là et surtout je pourrai m'occuper de Mamie.

   - Ca, c'est vrai, avait-elle répliqué ironiquement, comme tu es sa chouchoute...

   - Pourquoi sa chouchoute ? Il y a aussi Christophe et toi.

   - Ne me dis pas le contraire, tu as bien manoeuvré..."

   Une situation qui s'envenime progressivement jusqu'au clash final :

   "J'ai tout compris, cria-t-elle. Je suis une empêcheuse de tourner en rond ! Je n'ai plus rien à faire ici !

  Et en joignant le geste à la parole, devant l'assistance médusée, elle sortit en claquant la porte."  

   Désolation des parents Claudine et Jean-Marie Burtaud :

   "Tout en mangeant, Jean-Marie ruminait. Il fallait mettre un terme à cette situation conflictuelle récurrente. Et il se promit de s'y employer.

   Mais qui pourrait l'aider ?"