Le soir du concert, Sylvie Merret vient chercher Bruno pour l'emmener sur les lieux du spectacle.

   " Le soleil, maintenant au ras de l'horizon à l'ouest, dorait un peu plus les bâtiments de calcaire jaune. Une grande pelouse, fraîchement tondue, sur laquelle merles et merlettes couraient en quête d'insectes, précédait le corps de logis, une imposante bâtisse à deux étages. A droite, les communs, vestiges d'une ancienne ferme, s'étaient reconvertis en bâtiments d'expositions temporaires ou de salle à usages divers......."

   Et parmi ces usages la musique.

   " Au fond de la pièce, un piano occcupait une estrade. Des projecteurs dirigés autour et au-dessus de l'instrument le mettaient en valeur. Séparé de la scène par une petite allée, le reste de la salle, aménagé en pente progressive, s'investissait à intervalles réguliers de rangées de fauteuil......."

   Sylvie et Bruno goûtent à la magie des lieux et du spectacle.

   " De temps en temps, Sylvie se penchait vers son ami pour lui murmurer à l'oreille ses appréciations sur la soirée. A sentir la frêle épaule de la jeune fille se presser contre la sienne, ses cheveux souples frôler son visage, presque tempe contre tempe, les battements de coeur de Bruno s'accéléraient. Quel bonheur d'accompagner Sylvie ! Un bonheur tout simple  ! La fierté d'être son seul chevalier servant ! Le sentiment que ses vacances perdaient la routine des seuls contacts avec ses grands-parents et les habitués du restaurant............."

   Le retour au hameau des Brosses n'offre pas la même sérénité. Bruno scrute vers la propriété des Mochat.

   " - Bon sang ! s'écria-t-il. Il est encore là !

     - Qui ça ?

     - Le petit vieux de l'autre soir !

     - Où ? Quel petit vieux ?

     - Là-bas, dans le pré !

     - Je le vois. Mais qu'est-ce qu'il a dans les mains ?

     - Je ne sais pas. On dirait des piquets................... "