Le mercredi matin, le marché s'installe dans les rues de Saint-Germain. Bruno s'y rend avec ses grands-parents. Sur place, Louis ne tarde pas à se rendre au café où il rencontre un ami :

" - Salut, gamin ! dit-il en lui tendant la main.

   Le gamin en question, Henri Gardinet, avait soufflé ses qoixante-quatre bougies le mois précédent. C'était un homme à l'estomac proéminent, le visage durci par le soleil et encadré par un collier gris. Il sourit et rétorqua sur le même ton :

   - Salut, Vénérable Vieillard ! Assieds-toi à la table de communion : j'ai acheté l'épogne aux grattons et la chopine est commandée.

   Deux décennies de pêche semi-légales, semi clandestines avaient créé et nourri une complicité de pirates d'eau douce.

                  .........................

    Le grand-père sourit : il avait compris.

   - Tu vas camper ?

   - Gagné, mon homme ! Je plante ma tente chez toi, au bord de la Loire, comme les années précédentes.

   - A la bonne heure ! Et dns le même coin ? Au Pré Rongé ?

   La chopine venait d'être posée sur la table. Quelques pièces distribuées et la serveuse s'éloigna.

   - Pourquoi je changerais ? répondit Henri. Je suis près de l'eau, sur place pour installer mon matériel de pêche. Idéal, je te dis ! Et pas de souci avec le propriétaire du terrain, Monsieur Mochat.

   - Je m'en doute, approuva Louis. Son pré, il en a pas besoin. Le Joseph est un bon bougre, quoique...

   - Quoique ? Pourquoi cette hésitation ?

    Louis fit la grimace et avoua :

   - Le Joseph, il m'inquiète. Depuis quelques jours, je le trouve bizarre, à côté de ses pompes............"

   De son côté, Bruno arpente les allées du marché. Il rencontre Sylvie Merret, la clarinettiste, et ils se retrouvent attablés dans un bistro.

   " Trois quarts d'heure plus tard, les jeunes gens sortirent : onze heures venaient de sonner. Ils se séparèrent rapidement. Sylvie allait prendre congé. Bruno hésita un peu et s'enhardit à lui suggérer :

   - Que fais-tu, demain soir ?

   Elle marqua un temps :

   - Demain ? Mais... rien de spécial .

   - J'ai crû comprendre, l'autre jour à la répétition, que tu aimais la  musique... Tu as déjà fréquenté une salle de concert, avec un programme classique ?

   - Pas du tout ! Mais... si l'occasion se présente, pourquoi pas ?

   Bruno enchaîna, confiant :

   - Je te l'offre, l'occasion.......